Jan 21
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Discours de présentation de vœux du nouvel an 2012 par les Présidents des institutions de la République  

yayiDiscours_1Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle, Monsieur le Président de la Cour Suprême, Monsieur le Président de la Haute Cour de Justice, Monsieur le Président du Conseil Economique et Social, Monsieur le Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, Monsieur le Médiateur de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Grande Chancelière de l’Ordre National du Bénin, Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, Monsieur le Haut Commissaire à la Gouvernance Concertée, Monsieur le Haut Commissaire à la Solidarité Nationale, Mesdames et Messieurs les membres des Institutions de la République,  Honorables Invités, Mesdames et Messieurs.

Je vous remercie, Messieurs les Présidents des Institutions de la République, pour les souhaits que vous venez de m’adresser, en vos noms personnels ainsi qu’au nom de vos familles et des membres de vos Institutions respectives.

 En retour, je vous prie de recevoir mes vœux de bonne et heureuse année 2012 pour vous-mêmes, vos familles, vos collaborateurs et tous ceux qui vous sont chers.

 

Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et messieurs les membres des Institutions,

 

L’année 2011 a été marquée par une série d’activités de grande portée et de défis que vos différentes institutions ont su relever avec efficacité dans l’intérêt supérieur de notre chère Nation.

 

Je saisis la présente opportunité pour vous féliciter des succès remportés et pour votre engagement sans cesse renouvelé, au côté de notre Peuple. Dans le contexte particulier des élections de mars et avril 2011, vous avez accompli vos missions constitutionnelles respectives avec un sens très élevé de devoir et de responsabilité. Je salue avec respect votre patriotisme.

 

Vous avez aussi joué un rôle décisif dans l’adoption des lois nécessaires à la modernisation et à une plus grande transparence de notre système électoral. Vous avez permis l’expérimentation de l’instrument moderne de développement qu’est la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) et sa mise en œuvre malgré les difficultés rencontrées. A ce sujet, le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, sollicité par mes soins en novembre 2011, vient de m’informer qu’une mission d’experts internationaux séjournera au Bénin du 28 janvier au 9 février 2012, en vue de l’évaluation de la LEPI. A cette occasion, les réflexions sur le vote électronique préconisé par la Cour Constitutionnelle pourraient être approfondies.

 

Vous avez rassuré le peuple et garanti la prise en compte de sa volonté souveraine au cours des consultations électorales. Par votre impartialité dans la compétition et votre fidélité à la Constitution et aux Lois de notre République, vous avez assuré la paix sociale, et la stabilité institutionnelle.

 

Vos institutions ont ainsi contribué au renforcement de notre processus démocratique et à la consolidation de l’Etat de droit dans notre pays. Je vous en félicite une nouvelle fois avec déférence.

 

Notre pays est reconnu pour sa paix et sa stabilité. Cette paix n’a pas de prix. Elle détermine le développement et la prospérité. Elle nous crédite et nous crédibilise aux yeux de la Communauté Internationale et confère à notre Nation la belle image de pays stable. Je n’en veux pour preuve que la mention stable décernée à notre pays par l’Agence de notation Standard and Poor’s.

 

Mon vœu le plus cher est que chaque institution joue beaucoup mieux que par le passé le rôle qui est le sien pour se rendre plus forte et plus performante au regard des légitimes attentes de nos braves populations. Chacun de nous devra donc répondre de la responsabilité qui est la sienne dans l’œuvre d’édification de notre cher pays, car une Nation ne vaut que pour la crédibilité de ses institutions. Notre devoir est de créer des institutions fortes et crédibles.

 

Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et messieurs les membres des Institutions,

 

Par la volonté du peuple souverain, j’ai entamé, le 6 avril 2011, un deuxième et dernier mandat à la tête de notre Etat-Nation. Pour moi, il s’agit à la fois d’une exigence de notre Loi fondamentale mais également de ma propre appréciation de ce qui relève de l’éthique, de la morale, de la justice et de la fidélité à un Peuple qui, je le répète, m’a adopté et à qui je dois déférence et respect absolus. Oui je suis sincèrement attaché à la paix pour ma patrie et au respect scrupuleux de nos institutions.

 

Je suis redevable au peuple qui a marqué son adhésion à mon projet de société et l’a conforté en me donnant une majorité à l’Assemblée Nationale.

 

Je suis résolu dès lors, à poursuivre les réformes qui relèvent de la gouvernance politique, administrative, judiciaire, sociale et culturelle découlant de ce projet de société dont les principes fondamentaux ont pour socle la Refondation.

 

Cette Refondation, je ne le rappellerai pas assez, vise la restauration dans notre société des valeurs spirituelles, éthiques et morales, d’amour de notre patrie commune, de respect de soi et du bien public. J’espère ainsi donner un élan décisif au développement de notre pays sur des bases saines, solides et durables dans un esprit patriotique et républicain.

 

Dans cette perspective, je suis déterminé à promouvoir une gouvernance de qualité et à poursuivre sans relâche la lutte contre la corruption. Je félicite les Députés à l’Assemblée nationale pour l’adoption de la loi portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes. Je les félicite également pour le vote de la Loi portant Règles Générales applicables aux personnels militaires, aux forces de sécurité publique et assimilées ainsi que la Loi portant conditions de recours au Référendum.

 

Prenant la mesure de sa responsabilité, mon Gouvernement a décidé de jouer son rôle de leadership dans la lutte contre la corruption dont les effets sapent les bases d’une meilleure gestion des affaires de notre cité commune et conduisent à la ruine de notre Communauté.

 

Je n’en veux pour preuve que la tournée gouvernementale de vulgarisation et de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national dont l’objectif est d’expliquer à nos populations le contenu de la Loi portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes afin qu’elles se l’approprient.

Toutes ces mesures offrent au peuple béninois le cadre légal propice à l’avènement de la meilleure gouvernance dans tous les domaines de notre vie économique, politique et sociale. Je voudrais appeler l’attention des honorables députés sur la nécessité d’accélérer les procédures législatives en vue de l’adoption des lois pour renforcer nos acquis, restaurer l’ordre là où cela est nécessaire en vue de donner à notre pays, les atouts législatifs nécessaires pour sa marche vers le progrès. Dans ce cadre, j’exhorte la Représentation Nationale à accélérer l’examen des projets et propositions de lois entrant dans le cadre des réformes politiques annoncées dans mon projet de société. Il s’agit notamment de :

 La Loi sur la relecture de la Constitution ;

  • La Loi sur notre système partisan ;
  • La Loi sur le financement des partis ;
  • La loi sur le renouveau judiciaire ;
  • La Loi portant Code Electoral ;
  • La Loi portant parité dans les fonctions électives ;
  • La Loi portant découpage territorial.

 

Les réformes seront conduites avec le souci permanent du dialogue avec vos Institutions respectives, les partis politiques, les organisations de la société civile et toutes les structures représentatives de notre communauté nationale.

 

Je ne terminerai pas ce volet de réformes sans insister sur la relecture de notre Constitution car à ce stade la non intégration dans notre Constitution de certaines dispositions telles que la Cour des Comptes entame sérieusement notre croisade contre la corruption et isole le Bénin au sein de notre sous-région qui en a fait une norme sous-régionale.

 

De même l’institutionnalisation de la CENA est également une étape à ne pas oublier.

 

Messieurs les Présidents des Institutions de la République

Mesdames et messieurs les membres des Institutions,

 

Je suis conscient de l’importance de la mission confiée à chacune de vos Institutions et des sacrifices que sa bonne exécution vous impose. Je vous adresse mes compliments pour tous les succès que vous avez enregistrés l’année dernière et les efforts remarquables que ces résultats ont nécessités.

 

Je prends acte des doléances que vous avez bien voulu exposer dans vos différents messages, pour améliorer le fonctionnement de vos structures, tant sur le plan matériel et financier que sur celui de nouveaux textes à voter par notre institution parlementaire par exemple au niveau de la Haute Cour de Justice et de la Cour Suprême.

 

S’agissant de cette dernière, je ne puis m’empêcher de dire les ressentiments des justiciables qui rêvent d’une justice efficace, véritablement au service du peuple et de l’Etat de Droit.

 

Je voudrais savoir pouvoir compter sur les responsables à divers niveaux de nos cours et tribunaux pour aller courageusement vers la restauration de la maison justice. C’est le lieu d’exprimer encore une fois la ferme volonté de mon Gouvernement de poursuivre les réformes engagées avec l’appui précieux de nos partenaires américains dans le cadre du second compact du Millenium Challenge Account dont le mérite a été décidé par la plus haute instance de décision de l’Administration OBAMA. Dans le même ordre d’idées, j’ai pris contact avec les Responsables du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs pour évaluer la pertinence des décisions de justice et procéder au renforcement des capacités du personnel judiciaire.

 

Je puis vous assurer que le Gouvernement recherchera les solutions qui conviennent, dans la limite des ressources de l’Etat. Il jouera pour ainsi dire sa partition dans l’amélioration du fonctionnement de toutes les institutions de la République pour leur permettre d’être citées comme modèle en Afrique et dans la sous-région ainsi que l’ambitionne notre organe de régulation des médias.

 

J’ai pris bonne note des constats faits par le Médiateur de la République notamment pour ce qui concerne les conditions de vie carcérale. Mon Gouvernement est en pleine discussion avec la Communauté Internationale dans la recherche de solutions en vue d’humaniser la vie dans nos prisons et trouver une solution à la surpopulation dans nos maisons d’arrêt. A mon avis, et je ne cesse de le dire, ceci réside dans le renouveau de notre justice dont le socle exige l’éthique et la morale.

 

Je note aussi avec satisfaction les contributions du Conseil Economique et Social aux réflexions menées sur des thèmes d’intérêt majeur notamment la problématique des structures illégales de placement d’argent, phénomène qui a secoué la stabilité sociale de notre pays. En attendant de partager le moment venu le fruit de vos réflexions avec l’ensemble de mon Gouvernement, il me parait important de rappeler ici les diligences qui ont été menées jusqu’ici.

 

Messieurs les Présidents des Institutions,

 

La crise des structures illégales de collecte de l’épargne et de placement de fonds dans notre pays a mis en évidence le vrai visage de la société béninoise tant au regard de ses rapports avec l’argent que de la réalité de la chute des valeurs spirituelles, éthiques et morales.

 

Je m’empresse de rappeler que l’au-delà existe et que la richesse à tous prix sur cette Terre n’est que phénomène éphémère et choses futiles.

 

Comme vous le savez, cette crise a également mis à nu, il faut l’avouer, les défaillances des autorités garantes du bon fonctionnement et de la surveillance du secteur financier. Elle a aussi mis à nu la déliquescence et l’absence de moralité à la fois des escrocs et des épargnants spoliés qui ont cru à ces derniers. La recherche de gains faciles est passée par là.

 

En réponse à cette crise, le Gouvernement, dans son rôle de facilitateur, a mis en place différents organes de gestion à savoir : le comité de crise, le comité de suivi et la Commission autonome d’enquête judiciaire. Cela a permis d’arrêter l’hémorragie financière des populations et surtout d’éviter à notre pays le chaos social comme cela a été le cas dans d’autres pays du Monde.

 

Par des actions hardies, le Gouvernement a contribué à faire partiellement réparer par les fraudeurs les préjudices financiers causés à certaines victimes. Ces dernières estimées à 80 000 déposants environ ont pu se faire rembourser plus de 11 milliards de FCFA. Actuellement, les efforts se heurtent à la mauvaise foi manifeste de nombre de promoteurs illégaux qui refusent d’honorer leurs engagements. Cette situation a eu pour conséquence le ralentissement des flux de remboursement en dépit des mesures prises à l’encontre desdits promoteurs.

 

Mais le Gouvernement fidèle à son engagement, toujours en tant que facilitateur, continuera d’explorer toutes les possibilités pour vaincre la mauvaise foi et la mauvaise volonté des promoteurs et rendre justice aux personnes spoliées.

 

Je profite de cette occasion pour lancer un appel vibrant à notre maison-justice en vue d’accélérer le processus de vente aux enchères de nombreux biens aussi bien mobiliers qu’immobiliers illégalement acquis par ces escrocs.

 

C’est le moment d’aller plus vite dans le traitement de ce dossier avant d’ouvrir l’étape des poursuites judiciaires.

 

Mesdames et messieurs,

Mes chers compatriotes,

 

Nous ne pouvons réussir nos nobles missions sans l’aide de Dieu Tout Puissant Créateur de l’univers. C’est pourquoi, j’implore en cette circonstance la clémence divine afin qu’elle accorde à chacune et à chacun de nous et à notre Nation, sa grâce et sa miséricorde et nous accompagne dans l’accomplissement de nos missions respectives tout au long de cette nouvelle année.

 

Messieurs les Présidents,

 

Notre Nation sera ce que vaudront nos Institutions. Elles doivent être fortes. Elles doivent être hautement crédibles. Elles doivent être dirigées par des compétences véritablement intègres. De même leur complicité à servir loyalement les intérêts de notre Peuple déterminera le rythme de notre marche à la prospérité, au progrès et à l’émergence que nous appelons de tous nos vœux car il s’agit d’aller à l’éradication de la pauvreté de notre Peuple.

 

Je renouvelle à chacune et à chacun de vous, à vos familles et à tous vos collaborateurs, mes sincères vœux de robuste santé, de paix et de bonheur pour l’année 2012.

 

Vive la République !

Vive le Bénin.

Que Dieu Vous bénisse !

 

Discours

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