Dr Yayi BONI : Allocution à la 181ème session du Conseil Executif de l’UNESCO
Je voudrais également adresser mes remerciements à vous, Mesdames et Messieurs les experts du Secrétariat des Délégations Permanentes et des Missions d’observation et à vous tous qui animez la vie de notre grande Institution, en contribuant au quotidien à l’avènement d’une paix durable fondée sur l’éducation, la science, la culture ainsi que sur la solidarité intellectuelle et morale entre les peuples.
Mesdames et Messieurs,
Vous le savez, la vie des hommes et des nations est ponctuée d’événements, tantôt heureux, tantôt difficiles. L’histoire de l’humanité est faite de successions de progrès prodigieux et de crises diverses. Le monde traverse actuellement une crise des plus graves depuis celle de 1929. Les turbulences qui ont secoué les principales places boursières internationales au cours de l’année 2008 témoignent de l’étendue de la catastrophe.
La crise financière internationale dite des « subprimes », qui s’est rapidement muée en crise économique mondiale, provoque un choc et des tensions d’une rare intensité à tous égards, tant au plan socio-économique et institutionnel, que de la gouvernance mondiale. Aussi, ai-je accepté de vous entretenir sur le thème « La crise financière, l’Afrique et l’UNESCO ». Je voudrais en effet partager avec vous, quelques réflexions sur les leçons que l’Afrique et l’UNESCO peuvent tirer de cette crise ainsi que sur les valeurs de la culture africaine qui peuvent servir de fondement à la communauté internationale pour en limiter les effets.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les analyses présentées au cours du Forum que le Directeur général a eu la bonne fortune d’organiser récemment me dispensent, vous en convenez, de m’étaler sur les causes, les origines ainsi que les manifestations de la crise. Néanmoins, je puis affirmer que cette crise, née de la désarticulation du système financier international de l’économie mondiale, d’un manque de transparence sur la situation bilancielle des banques et d’une insuffisante régulation, s’installe de façon pernicieuse dans la durée, en dépit de la réaction plus qu’énergique des pays développés du G8.
Certes, des institutions ont vocation à assurer la surveillance du système financier international, à anticiper et à prévenir les situations critiques de cette nature. Elles n’ont pas su malheureusement nous en préserver, au point où l’on est tenté de conclure à leur essoufflement, à l’inadéquation de leurs outils d’analyse ou de leurs systèmes d’alerte.
Par voie de conséquence, il apparaît nécessaire pour la communauté internationale, de procéder à des réformes en profondeur du système financier international, en renforçant la régulation financière dont les principes directeurs doivent émaner de l’ensemble des pays, quel que soit leur niveau de développement.
Mesdames et Messieurs,
La crise financière actuelle, on le sait, a un lieu de naissance. Mais, en raison de l’interaction et des effets de la mondialisation, elle s’est rapidement déplacée et propagée à l’ensemble de la planète. Ce faisant, elle provoque déjà des dégâts économiques et sociaux, donc politiques, même dans des contrées insoupçonnées dont elle n’est pas originaire. L’Afrique, bien qu’ayant, par une réglementation prudente et vertueuse, protégé son système bancaire et financier, est déjà l’une des grandes victimes sur le plan économique.
En effet, nous mesurons déjà les conséquences néfastes de la crise sur le continent africain. La chute des cours des matières premières agricoles aggrave la fragilité et la vulnérabilité des économies africaines. Elle accroît dejà les besoins de financement des budgets des Etats.
En outre, et comme vous le savez, Mesdames et Messieurs, l’Afrique dispose d’une importante diaspora dans les pays industrialisés. Il y a des craintes que ces communautés soient les premières victimes des licenciements qu’entraînera le fléchissement dramatique de l’économie mondiale. Il en résultera une baisse substantielle des transferts de fonds des migrants vers les pays africains qui devraient s’attendre par ailleurs à une baisse à la fois des investissements directs étrangers et de l’aide publique au développement.
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Discours
