RENCONTRE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE L’UNION AFRICAINE
Allocution de bienvenue du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement
Excellences Madame et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,
Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand honneur et un immense privilège que vous m’offrez de vous accueillir ce jour, samedi 18 février 2012 au Palais des Congrès de Cotonou.
Au nom de la Nation béninoise, je vous souhaite la chaleureuse bienvenue et vous remercie du fond du cœur pour avoir répondu à mon invitation, en dépit de vos hautes et multiples occupations et de vos agendas que je sais très très chargés.
Votre présence à cette réunion informelle et non statutaire témoigne de l’importance que vous attachez à la cause de notre très cher continent en ce moment où celui-ci est à la croisée des chemins, en ce moment où nous sommes en quête de la renaissance de notre cher continent, en ce moment où notre continent doit nécessairement participer au banquet et au concert des Nations, en ce moment où l’Afrique, notre cher continent, doit veiller à une bonne gouvernance politique et économique et en ce moment où nous devons définitivement enrayer l’afropessimisme.

Je vous suis totalement redevable et vous remercie du fond du cœur et avec la plus haute considération, le plus grand amour et le plus grand respect que j’ai pour chacune et chacun de vous et pour notre continent.
Votre présence inaugure également les concertations régulières que je souhaiterais mener, durant mon mandat afin de vous associer le plus possible aux prises de décisions sur l’avenir de notre Afrique.
Chers Pairs, chers collègues et très chers amis,
Ainsi que vous le savez tous, l’Afrique est un des plus grands et riches continents de la planète. En effet, elle représente plus de 20% de la superficie mondiale des terres arables, couvre plus de 30 millions de km² et constitue un scandale géologique et minier avec ses importantes ressources pétrolières, minières et agricoles citées parmi les plus grandes réserves au Monde.
Par ailleurs, en terme de ressources humaines, certains économistes estiment que d’ici l’an 2050, l’Afrique représentera environ 2 milliards d’âmes dont plus de 60 % seront constituées de jeunes de moins de 30 ans. C’est à juste titre que l’Afrique est véritablement le continent de l’avenir, de l’espoir et de l’espérance.
Mais le grand paradoxe, c’est que notre continent n’est pas uni dans sa marche vers la paix, la stabilité, la sécurité, le progrès, la prospérité et le développement. Comment conjurer cette contradiction ?
Des efforts louables ont été certes consentis mais où en sommes-nous aujourd’hui, 50 ans après les indépendances ?
Je laisse à chacune et à chacun le soin d’apprécier cette situation.
Dans tous les cas, un long chemin nous reste à parcourir, surtout en termes de lutte contre la pauvreté, les grandes pandémies et l’analphabétisme.
Mes chers Collègues,
Nous sommes tous fiers d’être africains et nous sommes décidés à jouer un rôle de leadership pour la renaissance de notre continent en vue de redonner espoir à nos populations et faire reculer la pauvreté et l’afropessimisme.

A cet égard, le Sommet d’Addis-Abeba des 29 et 30 janvier nous a offert l’opportunité de jeter un regard rétrospectif sur le bilan de notre organisation commune au cours des cinq dernières années, à travers le Rapport d’activités du Président de la Commission de l’Union. Mais de ce sommet, l’opinion africaine et internationale a surtout retenu la non désignation du Président et des membres de la Commission, cheville ouvrière de notre organisation. Sans revenir sur les événements ayant conduit à cette situation, je me permets d’y percevoir l’acuité des défis auxquels notre organisation se trouve confrontée dans son fonctionnement et dans ses mécanismes décisionnels.
Ces problèmes institutionnels ne sont pas, à mon humble avis, étrangers aux difficultés rencontrées par l’Union dans la gestion des crises qui ont secoué le continent en 2011, et dont l’illustration la plus flagrante a été donnée par les hésitations et flottements observés notamment lors de la crise libyenne dont la gestion continue d’échapper à notre Continent.
Par ailleurs, la persistance des crises et l’apparition de nouvelles menaces à la sécurité de nos Etats et de nos populations, telles que l’insécurité endémique et persistante dans la région sahélo-saharienne avec sa cohorte de réfugiés et ses effets collatéraux sur les autres pays frères comme le Burkina Faso, le Niger sans oublier la République sœur du Nigéria, la recrudescence du terrorisme et des narco trafiquants dans certaines régions de notre Continent, la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée et au large des côtes somaliennes, de même que le retard du continent dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement révèlent, si besoin en était, les limites de nos actions.
Les situations pré et postélectorales dans nos pays sont également des sources d’angoisse et de préoccupation.
Je nous exhorte donc à plus d’engagement et de détermination dans la gestion des affaires de notre continent pour le bien-être de nos populations et pour hisser l’Afrique, au rang des continents respectés par la communauté internationale. Et, c’est possible !
Mes Chers Pairs,
C’est pourquoi, afin de réfléchir aux solutions à apporter à ces différents défis, j’ai souhaité, en ma qualité de Président en exercice de notre Union, organiser cette rencontre informelle pour pouvoir bénéficier de vos riches expériences et de votre sagesse, étant donné que parmi vous, figurent des Présidents de Communautés Economiques Régionales, des doyens qui ont, avant moi, présidé brillamment notre organisation commune, à plusieurs reprises. Je souhaite que vous puissiez, à ce titre, m’édifier sur le chemin à emprunter durant mon mandat. Il faut, à tout prix, éviter que chacun aille dans la direction de son choix car, si c’était le cas, le bateau Afrique risque de perdre le gouvernail.
Cela nécessite la définition d’une vision claire et partagée des actions conséquentes à mettre en œuvre, autrement dit l’adoption d’une feuille de route en harmonie avec les activités du Président de la Commission et qui porte nos ambitions, notre espoir et nos espérances, aujourd’hui, demain, à court terme, à moyen et long termes pour tenir compte des risques d’instabilité, des foyers de tensions qu’il faut étouffer dès maintenant et prévenir la résurgence d’autres sources d’instabilité.
Dans ce cadre, je voudrais soumettre à votre réflexion, certaines préoccupations majeures sur lesquelles vos commentaires et avis sont les bienvenus.
Il s’agit des questionnements ci-après :
1) Comment renforcer notre unité ainsi que la capacité d’anticipation et de réaction de notre organisation pour faire face dès maintenant aux défis multiples et multiformes auxquels notre continent est confronté ?
2) Comment améliorer les mécanismes de prévention et de gestion des conflits dont nous disposons pour mieux gérer les crises et réagir efficacement aux nouvelles menaces à la sécurité du continent ?
3) Quels mécanismes mettre en place pour renforcer l’intégration politique et économique du continent afin de prendre en charge son propre développement pour l’épanouissement intégral de nos peuples ?
4) Comment coordonner les partenariats stratégiques qui lient notre Continent au reste du Monde dans la gestion des nombreux défis à savoir, défi de paix, défi de stabilité, défi de sécurité, défi de la démocratie et de la meilleure gouvernance et défi du développement ?
5) Comment gérer l’expertise inestimable et la source de sagesse que représentent les anciens Présidents qui ont dirigé nos pays et qui sont prêts à se mettre à la disposition du Continent ?
6) Comment faire pour que l’Afrique puisse parler d’une seule et même voix et de façon responsable sur les grands enjeux de notre planète ?
Mes chers collègues,
Le fruit de nos réflexions nous permettra de définir les grandes actions à mettre en œuvre au cours des 12 mois à venir. Ce faisant, je ne pourrai que me réjouir de vos précieuses contributions et je vous en remercierai.
Chers Collègues,
Je dois vous rappeler qu’un comité présidentiel de huit membres constitué par les Présidents des cinq régions de notre Continent plus la république sœur du Gabon, la République sœur de l’Afrique du Sud et le Bénin a été mis en place pour examiner la question prioritaire de la désignation du Président et des membres de la Commission de l’Union. Cette question ne relève donc pas de la compétence des présentes assises.
J’ai bon espoir que ce comité se réunira à la fin du mois de mars après consultation des membres dudit comité.
Il sera également mis en place un comité présidentiel pour approfondir les réflexions en vue de l’adoption au sommet de Malawi de la stratégie de mise en œuvre de zone de libre échange continental.
Sur ces mots et en vous souhaitant un bon séjour à Cotonou, je voudrais, Madame et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, vous renouveler, avec la plus haute considération et le plus grand respect, toute ma gratitude pour avoir accepté mon invitation et rehausser ainsi de votre présence notre rencontre.
A chacune et à chacun, je réitère mes vœux de bonne et heureuse année pour vous-même, à vos peuples respectifs et à notre cher continent.
Vive l’Afrique unie !
Vive l’intégration africaine !
Que Dieu vous bénisse !
Je vous remercie.
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